Pérou | Pour la vie des peuples
Amérique du Sud
Pérou

La mission, c’est de se donner

 

 

 

Érica Jiménez

 

Érica Jiménez est comptable.

Originaire du Honduras, elle a été acceptée en 2010, comme Missionnaire laïque, 

associée à la Société des Missions-Étrangères du Québec

et a été nommée au Pérou.

 

Depuis le peu de temps que je suis en mission, un an et six mois, j'ai appris à me donner. Donner quelque chose qui m’appartient, qui est mien, pas de quelqu'un d'autre, quelque chose qui sort de moi, quelque chose dont j'ai besoin, mais que je partage. On le donne sans rien attendre en retour, mais avec l'espoir que la vie qui est le Christ continue de donner la vie à toutes les personnes qui, grâce à leurs efforts, donnent, donnent le meilleur d’elles-mêmes pour qu’il y ait paix, amour et  justice en ce monde.

Je ne parle pas de donner des choses matérielles, mais de donner notre vie, notre temps, nos efforts, nos projets, pour aider ceux de nos frères qui ont le plus besoin de nous. Je sais que je ne peux aider 100 personnes à la fois, mais chaque jour, je commence par une.

Je comprends que  la vie d'une missionnaire, d’un missionnaire, n'est pas facile. Nous laissons tout pour poursuivre la vie qu’est le Christ. Mais il nous donne plus que prévu, et cela, je le vis et je le ressens. L’être humain est faible. Parfois, les événements que l’on vit tous les jours en mission nous défont, nous enfoncent, nous déchirent, nous incommodent, nous font nous sentir mal à l'aise, et nous n’en pouvons plus. Et « mon papa Dieu » me montre toujours que, dans ma faiblesse, se trouve ma force, SA FORCE, parce que ma force vient de DIEU. Et voilà mon nom spirituel: « Puissance de Dieu ». Cette force qui vient de l'Esprit est celle qui me donne cette expérience de la mission qui est d'écoute, de soutien et de formation à la fois.

C’est comme ça que je vais à la prison de Pucallpa. Grâce à l’accompagnement dans des ateliers et lors de messes, les gens s'approchent de moi pour me raconter l’histoire de leur vie.

Et à travers ce qu'ils et elles me racontent de leur vie, je rends visite à leurs familles pour leur faire prendre conscience de l’abandon dans lequel elles tiennent les membres de leur famille prisonniers et de la nécessité de leur affection pour qu’ils puissent réussir à s’en sortir. 

Ce ministère a beaucoup changé ma vie. Il a fait de moi une personne. Ma manière de penser a changé; si auparavant je pensais qu'ils méritaient une punition, je pense maintenant différemment; l’histoire de leur vie explique tout. Il m’était difficile de comprendre cela auparavant, mais DIEU est en train de me façonner; c’est merveilleux comment il m'apprend à me pardonner et à pardonner.

 J'ai également collaboré à la préparation des détenues pour les sacrements de l'initiation chrétienne, ce qui me remplit de joie. Je suis très émue de savoir que ces catéchèses les font se sentir aimées de DIEU et j’ai vu comment elles s'intègrent plus au groupe et aident leurs compagnes; elles me racontent qu’auparavant, elles ne se préoccupaient pas des autres, mais seulement d’elles-mêmes. La plupart des femmes et des hommes que nous accompagnons dans la prison n'étaient pas impliqués dans l'église avant d'entrer en prison.

 

Dans la « paroisse de Santa Rosa », j’ai collaboré à la catéchèse des sacrements pour les enfants, les jeunes et les adultes. Ces catéchèses se donnent dans une chapelle appelée «Nativité de Marie». Ce fut une tâche ardue mais pas impossible, même si nous avons dû attendre les catéchumènes presque plus d'un mois, pour pouvoir commencer la catéchèse. Avec tellement d'amour et d’insistance de notre part, en allant leur rappeler le jour et l'heure de la catéchèse, ils se sont animés à venir.

   

J'accompagne aussi  et collabore dans la «Fraternité des personnes handicapées». Ces gens sont incroyables: ils m’apprennent à valoriser ce que j’ai, à rire de mes défauts, à être patiente et à marcher au rythme du plus lent. Ils se battent et travaillent pour un espace qui leur appartienne en tant que personnes, étant donné que, comme handicapés, ils sentent la discrimination dans divers champs de travail et dans la société elle-même.

               

Et je reçois souvent des invitations des groupes juvéniles pour les appuyer lors de retraites ou de rencontres avec des thèmes ou des discussions.

Avec la chaleur et la pluie que nous avons ici à Pucallpa, la mission est effrayante! Lorsqu’il fait chaud, c’est insoutenable. Lorsqu’il pleut, c’est délicieux, rafraîchissant, mais les rues deviennent impraticables à cause de la boue. Et bien, il n'y a rien qui ne puisse pas s’endurer avec l'affection et la chaleur de ses habitants et une bonne bière rafraîchissante Pilsen, Cusqueña ou San Juan (interdit aux mineurs, sans excès, avec mesure ...) hahahahaha!

ET N'OUBLIEZ PAS DE VOUS DONNER. Jésus a donné sa vie par amour. Il nous a aimés TOI ET MOI; il nous a aimés tous également, sans limites, sans frontières!

Je vous embrasse dans le Christ.

Érica Jiménez, missionnaire laïque au Honduras, associée à la Société des Missions-Étrangères du Québec.


Vicariat de Pucallpa, à Pucallpa, au Pérou

2012