CAMBODGE


CAMBODGE
UN ENGAGEMENT ENVERS LES PLUS VULNÉRABLES


La Société des Missions-Étrangères est présente au Cambodge depuis 1995. Pedro Emilio Ramírez Ramos et Benard Mukeku Mutisya, p.m.é., ainsi que Beatriz Mille- na, Mary Ann Ofialda et Diover Zabala Cuart, laïques associés, forment le groupe local.

LES COULEURS DE LA VIE FRATERNELLE

Prière, conversation spirituelle et partage fraternel se retrouvent à l’ordre du jour de la rencontre des membres du groupe local de la SMÉ au Cambodge. L’objectif est de donner la priorité à la fraternité sur les questions administratives bien que ce dernier point soit abor- dé de temps en temps. Ces rencontres ont lieu une fois par mois pour l’ensemble du groupe et une fois par semaine pour les missionnaires résidant dans la capitale Phnom Penh.

LES PRIORITÉS MISSIONNAIRES

Les ministères du groupe local envers les personnes les plus vulnérables et défavorisées (femmes, enfants, personnes âgées) sont privilégiés ainsi que la présence auprès des prisonniers. Et sans oublier la collaboration aux actions pastorales de l’Église locale.

LES AFFILIÉS ET LES AMIS DANS LA VIE MISSIONNAIRE

Le dynamisme missionnaire est nourri par des collaborations étroites avec d’autres instituts et sociétés missionnaires. Et le groupe d’amis de divers horizons se compose d’agents pastoraux, de missionnaires d’autres instituts et aussi d’anciens associés avec la SMÉ. L’internationalité se révèle la principale caractéristique des affiliés et amis.

Tous, agents de pastorale, groupes missionnaires et communautés ainsi que le groupe local de la SMÉ collaborent directe- ment ou indirectement à réaliser les objectifs de l’Église cambodgienne. Avec des mouvements laïcs cambodgiens, tous ces groupes ainsi que la SMÉ, bien qu’ayant des charismes et des vocations différentes, et avec un esprit de service, montrent le visage miséricordieux et aimant de Dieu au peuple cambodgien.


103e ANNIVERSAIRE DE FONDATION 2024

Vendredi 9 février 2024, le Groupe local du Cambodge s'est réuni avec un certain nombre d'amis proches de la SMÉ pour célébrer le dynamisme et le zèle missionnaire de notre Société au cours de ses 103 années d'existence. , Par coïncidence, le même jour, la veille du Nouvel An lunaire a été célébrée. En solidarité avec de nombreux peuples d'Asie et avec tous les membres et associés de la SME, affiliés, amis et bienfaiteurs, nous avons prié et partagé ensemble la table de la Parole et la Table du Pain.
 
À la fin de la célébration eucharistique, Beatriz Millena a renouvelé son engagement d'association avec la Société pour une durée de trois ans. Des paroles de remerciement à Dieu pour l'exemple missionnaire de Betty et d'autres missionnaires de la SMÉ au Cambodge sont sorties de la bouche de certaines personnes présentes. Nous continuons à remercier Dieu pour les graines plantées par tant d'hommes et de femmes qui font sienne l'invitation de Jésus à « aller dans le monde entier proclamer la joie de l'Évangile ». (Pedro Emilio Ramírez)


Le Festival (ou La Fête) de 
Pchum Ben

Que signifie Pchum Ben?

En langue Khmère, Pchum signifie « un rassemblement » ou « une réunion » et Ben est une offrande. Parfois, le festival est appelé Brochum Ben. Le festival remonte à la période angkorienne (qui a débuté en 802 après J.-C.), lorsque les gens étaient encore animistes. Ils croyaient que les objets, les phénomènes naturels et même l’univers avaient une âme propre. Finalement, l’animisme a été remplacé par le bouddhisme comme religion principale. Pourtant, le bouddhisme et l'animisme mettant tous deux l'accent sur le respect des ancêtres décédés, les anciennes coutumes, sous la nouvelle religion, ont perduré jusqu'à aujourd'hui.

Pchum Ben, la fête des ancêtres, est une fête religieuse cambodgienne célébrée par les bouddhistes. C’est l’un des plus longs festivals du Cambodge, qui dure 15 jours. Les 14 premiers jours sont appelés Kan Ben, où les villages font à tour de rôle des offrandes qui sont apportées aux pagodes voisines. Le dernier jour est appelé Ben Thom, « grande offrande », où toutes les familles font des offrandes en l'honneur de leurs ancêtres. Pchum Ben est célébré chaque année au début du 10e mois, Phutrobot, du calendrier khmer. C'est un festival coloré et tout le monde est vêtu de ses plus beaux habits. Au cours du festival, des offrandes spéciales de riz sont faites, appelés Bay Bens. Les Bay Bens sont des boules de riz gluants cuites dans du lait de coco avec divers ingrédients, dont différentes sortes de viande et divers légumes, selon les coutumes locales.

Pourquoi les Cambodgiens célèbrent-ils Pchum Ben?

Le festival de Pchum Ben a généralement lieu vers la fin de la saison des pluies. À cette époque, les gens fournissent également de la nourriture et d’autres matériaux aux moines bouddhistes qui ne peuvent pas quitter les temples à cause de la mousson pour mendier de la nourriture et d’autres provisions. Tout au long des 15 nuits de Pchum Ben, les moines se relaient pour réciter des prières sincères de protection.

Une raison importante de célébrer Pchum Ben est le souvenir des âmes ou des fantômes ayant commis un péché grave qui les empêche de renaître avant d’achever une période de purification. On croit que pendant Pchum Ben, les portes de l’Hadès sont ouvertes et que tous les esprits des ancêtres sont très actifs. Des offrandes sont préparées par les membres de la famille des ancêtres pour apaiser les esprits et aider à purifier les âmes qui cherchent à se racheter de leurs péchés. Elles peuvent alors passer à l’étape suivante de leur purification jusqu’à la renaissance. Les offrandes sont parfois d’énormes dons d’argent, de terre, de nourriture, etc. Selon la croyance, certaines âmes quittent l’enfer temporairement pour y retourner ensuite et endurer davantage de souffrances. Les proches qui se trouvent au « ciel » ou qui se sont déjà réincarnés sont également censés bénéficier de ces cérémonies.

Les Cambodgiens ont un profond respect pour leurs parents, leurs grands-parents, et leurs ancêtres. Comme décrit ci-haut, chaque année la cérémonie de commémoration dure 15 jours où les Cambodgiens honorent leurs ancêtres jusqu'à sept générations.
Durant le Pchum Ben, les Cambodgiens visitent au moins trois pagodes ainsi que les lieux où sont décédés leurs ancêtres. La nourriture peut être apportée à une pagode au plus tard à 11 heures, car les moines ne mangent pas après 12 heures. Après l’heure du midi, les moines ne mangent pas, mais boivent seulement des boissons gazeuses ou du thé jusqu’à la fin de la journée. Tôt les matins, vers 4 heures, les gens commencent à préparer la nourriture, les fruits, et le riz.  Ils font de petites boules de nourriture et se rendent à la pagode. 

Une fois arrivés, ils lancent les boules de nourriture juste à l’extérieur du temple. On croit que certains de leurs ancêtres, ceux qui ont commis de graves péchés de leur vivant, ne peuvent pas entrer dans les temples même s’ils sont des fantômes. De plus, ils ne peuvent manger que de la nourriture préparée par leurs propres descendants. Cette nourriture leur est donc destinée.  Les gens croient que si ces esprits ne voient pas leurs proches apporter de la nourriture, ils se mettront en colère et souhaiteront de la malchance à leur parent. 


Bref historique du Groupe local du Cambodge 


La gestation du projet du Cambodge
 
Dans les années 90 (pendant la période du Conseil central 91-97), il y avait collaboration avec les Yarumal au Pérou, au Honduras et au CIFM. Parce que la Société Yarumal avait de nombreuses vocations, ils pensaient ouvrir une mission en Asie. Pour eux, c'était une nouvelle aventure de venir en Asie tandis que la SMÉ avait de nombreuses années de présence sur ce continent. Une nouvelle collaboration a donc été projetée entre les deux Sociétés pour ouvrir ensemble une mission.
 
 Il a été décidé qu'un nouveau pays serait choisi plutôt que d'aller dans l'une de nos missions établies en Asie. Une première étude a été faite en envoyant une lettre à Rome. Certains pays ont été proposés: Taiwan, Vietnam, Cambodge et Bangladesh. Le choix est allé au Cambodge.
 
Jean Greffard et Robert Piché se sont rendus au Cambodge en novembre 1994 pour connaître le pays et rédiger la première ébauche d’un contrat entre la Société et les diocèses du Cambodge, lors d'une rencontre et d'une discussion avec Mgr. Yves Ramousse et Bernard Dupras, curé de Battambang. Le point principal du contrat était une invitation à répondre aux besoins de l'Église locale dans différents lieux et domaines. À cette époque, il n'y avait que sept prêtres affectés à la pastorale dans les paroisses, la majorité des prêtres travaillant dans différentes ONG. Les évêques ont demandé des prêtres pour aider au ministère paroissial. Concernant la formation des nouveaux prêtres, ce serait un programme de trois ans: un an dans une école formelle, un an d'exposition pastorale dans la province et un an pour approfondir un aspect de la langue ou de la culture. Ensuite, le prêtre serait assigné à une paroisse.
 
Les débuts avec les Yarumal et la SMÉ
 
Le premier groupe est arrivé au Cambodge à la mi-1995: Bertrand Roy en tant que responsable du nouveau projet et Omer Giraldo de Yarumal. Ils vivaient à Tuol Kork avec un prêtre MEP, François Ponchaud, et ils ont commencé à apprendre la langue khmère au Centre culturel catholique cambodgien. L'année suivante est venu le deuxième groupe de prêtres, composé de Jacques Bourdages de la SMÉ et Hernan Pinilla de Yarumal. Cette année-là, Bertrand Roy part définitivement pour rentrer au Canada.

Le troisième groupe est venu en 1997 : Juan Solorzano est arrivé en juin et Robert Piché en décembre de la même année.

En 1998, la Société a interrogé notre groupe du Cambodge sur la possibilité d'accueillir des laïcs. À cette époque, nous essayions également de préciser nos priorités en tant que groupe : que voulons-nous faire dans ce pays? Le Cambodge a été touché par des années de guerre et de génocide, suivies par l'occupation vietnamienne à tel point que l'éducation a été mise en veilleuse. Enfin, notre groupe a estimé que travailler pour l'éducation était une priorité au Cambodge en raison des nombreux besoins dans ce domaine; tous les domaines de l'éducation en général et de l'éducation de la foi pour les chrétiens.

Arrivée des laïcs pour travailler avec nous
 
À ce moment-là, nous étions prêts à accueillir un premier groupe de laïcs; ils sont venus au Cambodge le 20 juillet 2000. C’étaient : René Ayala, Marie-Laure Joly, Dolly Dalisay, Betty Millena, Gustavo Benitez et Pedro Gomez, un prêtre de Yarumal. Leur arrivée a eu un grand impact positif de par leur nombre, leur dynamisme et leurs nouvelles façons de faire la mission. Ils vivaient ensemble dans une maison louée à Tuol Kork, maison qui était considérée comme notre maison régionale et où tout le groupe venait pour des réunions ou des rassemblements. Peu de temps après, Jacques Bourdages quitte le Cambodge. Après un an d'études de la langue, les laïcs ont commencé à travailler dans différents domaines en fonction de leurs compétences. Marie Laure a pris en charge la formation d'un groupe d'étudiants, René a enseigné à l'université en sociologie, Dolly a travaillé comme infirmière à Anlong Kengan et Betty a travaillé avec des femmes enceintes séropositives.

Pendant cette période, de nombreux laïcs étaient en formation au Canada et au Honduras, et la Société cherchait de nouveaux endroits où ces missionnaires pourraient être envoyés. L'expérience de l'envoi de laïcs dans nos anciennes missions n'a pas toujours été couronnée de succès à cause des façons de faire établies et d'une certaine rigidité de la part des missionnaires plus âgés. Le Conseil central a donc fait une enquête en Thaïlande où les Maryknols travaillaient déjà. Après une discussion entre la Société et les Maryknols, il a été convenu qu'ils accepteraient nos laïcs en Thaïlande comme partenaires.
 
Un PGM mais deux équipes
 
 Un premier groupe de quatre personnes est arrivé en Thaïlande le 1er mai 2002: Ever Amador, Erica Foschiatti, Arlene Sale et Sofia Diez. Comme il n'y avait pas de PME avec eux, il a été décidé de rattacher le groupe thaïlandais au PGM du Cambodge, en formant un PGM avec deux équipes. Pour aider les membres de la Thaïlande à garder le contact avec la Société, tous les membres du PGM se réunissaient une fois par an pour partager leurs expériences missionnaires et discuter de points reliés à la Société. Nous avons alterné entre les deux pays pour le lieu de la réunion. Concernant leur vie en Thaïlande, leur adaptation, leur vie spirituelle, ils ont été partenaires des Maryknols qui les ont acceptés sans réserve et les ont guidés dans leur initiation au pays et à la culture. Après un an d’étude de la langue thaïe, ils ont commencé à travailler dans différents apostolats.
 
Naissance de la Région d'Asie
 
Au niveau de la Société, il a été décidé de mettre en place une nouvelle structure: la Région Asie. Comme les groupes dans les différents pays se réduisaient et qu'il était parfois difficile de trouver du personnel pour les différents services de la Société, une région regrouperait les ressources pour faciliter l'offre de ces services, notamment en leadership.


Du 11 au 13 mai 2007 s'est tenue la première réunion du Conseil régional d'Asie à Morioka au Japon. À cette époque, le groupe de la Thaïlande est devenu un groupe indépendant non directement lié au groupe du Cambodge. Les différents groupes sont devenus connus sous le nom de groupes locaux et chaque groupe a un représentant au Conseil régional. Le Conseil central a souhaité élargir la subsidiarité et favoriser davantage de participation au sein de la Société par cette nouvelle structure.
 
Un départ imprévu
 
 Un événement tragique a eu lieu le 19 décembre 2013 : le décès prématuré de Denis Carrier. Nous pensons qu'en conduisant sa moto dans la forêt, il a eu un coup de chaleur qui l'a rendu inconscient. Pendant son transport à l'hôpital de Phnom Penh, il est décédé. Sa mort a eu un grand impact sur les membres du groupe parce que Denis était une personne joyeuse et enthousiaste, voyant toujours le côté positif des situations et des gens, toujours souriant, profitant pleinement de la vie. Il nous a fallu du temps pour surmonter cette mort et ce grand trou dans notre groupe. Le processus de deuil a été long. Qu'il continue de nous aider du ciel!
 
Les missionnaires de la SMÉ qui ont travaillé au Cambodge depuis 2011 :
Miguel Granados (2010-2016), Jean Isabelle Samong (2011-2019), Melissa Simmons (2012-2019), Sylvie Brazeau (2012-2015), Yessica Guzmán (2014-2018), César Guevara (2014-2018), Mark Anthony Perez (2016-2018).
 
Robert Piché a quitté le Cambodge en juin 2019. Actuellement, le Groupe local du Cambodge est constitué de Beatriz Millena, Diover Zabala Cuart, Pedro Ramírez et Benard Mukeko Mutisya. 


Célébration du 25e anniversaire de présence de la SMÉ au Cambodge

Le Cambodge, et plus spécialement sa capitale Phnom Penh, connaît une éruption de changements constants. De nouveaux édifices et de nouvelles rues. De nouveaux défis également se présentent avec la même réalité de la pauvreté et de l’exclusion du passé en présence du Wi-Fi et du 5G inclus. En 25 ans, le visage du Royaume du Cambodge s’est transformé, mais c’est toujours la même lumière, la même odeur du durian, du ramboutan et du coco; et toujours les mêmes fleurs qui embellissent les sentiers.
 
Célébrer ces 25 ans de présence missionnaire au Cambodge pourrait se résumer en un seul mot: la gratitude.  Dieu était ici bien longtemps avant l’arrivée de notre groupe (en 1995), bien avant l’arrivée des premiers missionnaires, et même bien avant la venue du christianisme. Dieu est présent ici, « Il a été généreux envers nous et nous sommes heureux ». Pour tout cela, nous rendons grâce. Dieu est présence en ce beau pays. De plus, nous remercions Dieu pour tous les hommes et toutes les femmes de la SMÉ et des Yarumal qui sont passés par les divers coins de ce pays durant toutes ces années. Ces personnes ont cultivé les graines plantées par d’autres et ont laissé des graines que d’autres un jour pourront récolter.
 
En cette période de pandémie, quand nous prenons conscience de nos fragilités et de nos peurs, nous implorons la bénédiction et la miséricorde de Dieu qui se manifeste sur les larges sourires de nos frères et sœurs Cambodgiens.
 
Nous Le prions,
Lui qui illumine les levers de soleil et se multiplie en couleurs sur les rizières,
et qui peint les eaux du Mékong et du Bassac avec beauté,
et remplit tous les recoins de la terre cambodgienne avec du poisson et l’abondance,
de bénir et de protéger tous les amis de la SMÉ et collaborateurs au Cambodge,
tous les missionnaires de la SMÉ et leurs familles,
et tous les habitants de cette maison commune appelée TERRE.

  
Nous vous remercions tous et toutes qui étaient présents lors de la prière d’action de grâces pour ces 25 ans. Une rencontre virtuelle, oui, mais une vraie rencontre. Merci à l’Esprit qui nous fait tous et toutes frères et sœurs. Nous vous remercions pour vos paroles de support et vos prières. Et nous demandons à la Sainte Vierge du Sourire, Notre Dame du Mékong, de toujours vous conduire à son Fils, notre frère aîné. 


Texte de Pedro Emilio Ramírez Ramos, p.m.é.
20 juillet 2020

Adresse:

Catholic Church 
B.P. 123 
Phnom Penh 12000